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Les mamies de Paris

Mathieu

May 26, 2017


Pour ce premier épisode d’une petite série sur les disparités socio-démographiques au sein l’agglomération parisienne, honneur à nos ainées. Pour l’occasion on regroupe sous le terme affectif de “mamies” la population féminine âgée de plus de 65 ans, en espérant que personne n’en soit choquée. Elles sont 6,6 millions en France (selon les chiffres du dernier recensement de l’Insee en 2013) et représentent 10,4% de la population contre 8,9% en 1990, vieillissement global de la population oblige. Voici d’abord une carte de leur localisation dans le pays :

La région Parisienne est donc la moins pourvue en mamies alors que les zones rurales du centre et du Sud-Ouest, la Basse-Normandie et le Centre-Bretagne accueille en proportion davantage de mamies. Sous l’effet de l’héliotropisme mais surtout de l’haliotropisme, elles sont dorénavant plus présentes sur les littoraux atlantique et méditerranéen.

L’analyse infra-urbaine par station

Pour comprendre les phénomènes socio-démographiques qui se jouent à l’échelle du quartier, on va se baser sur les zones entourant les stations de transports en commun (métro, tram, RER et transilien) de la région Ile de France. La station (ou la gare) fait en effet souvent office de lieu de centralité dans la vie quotidienne des habitants et c’est principalement à elle qu’on fait référence pour évoquer son quartier. Toute la méthodologie pour arriver à ses résultats est détaillée dans la méthodo et sur la page github du projet metrololo.

Voici donc la carte des stations selon la part des mamies dans la population d’après les données 2013. Intra-muros, plusieurs zones se détachent : le sud du 16ème arrondissement, le 6ème ou l’Est du 12ème. Dans cet arrondissement on trouve de très fortes disparités avec 14% de mamies près de la station Bel-Air mais moins de 5% à la station Cour Saint-Emilion, un quartier qui a été totalement rénové dans les années 1990 et où sont venus s’installer de jeunes couples et des familles. Un clic sur votre station permet d’afficher ses stats.

Globalement la rive droite est moins peuplée de mamies, et cela ne vas pas en s’arrangeant : en visualisant l’évolution du taux de mamies entre 1990 et 2013 (menu à droite), on voit que cette part a fortement diminué dans un grand quart Nord-Ouest de la capitale. Un dézoom pour s’éloigner de Paris fait apparaître une “mamification” importante de la banlieue Ouest.

Rentrons un peu dans le détail avec le graphique suivant. La lecture est un peu tordue, accrochez-vous. Chaque station est symbolisée par un point dont la position est fonction de son taux de mamies 2013 en ordonnée (plus c’est haut, plus il y en a) et sa position en abscisse selon son arrondissement. Un trait vertical permet aussi de voir l’évolution de son taux depuis 1990, le code couleur bleu/rouge montrant également la même information.